29 août 2009

Rentré

Les derniers jours au Japon se sont bousculés les uns après les autres, sans possibilité de ralentir le processus devant me ramener inéluctablement sur la terre de Molière et de Nicolas Canteloup.

Faut dire que j'ai pas chômé non plus pour la fin, avec un dernier petit voyage dans l'Ouest du Japon, dont je vous parlerai dans un prochain article. Je me sens vraiment revenir chez moi lorsque, ayant achevé cet ultime voyage, le 19 août je refoule le sol de la gare de Kyoto. Au cours de cette année, retour à la gare de Kyoto signifiait retour au train train quotidien entre Mukaijima et Doshisha. J'étais sur le point de me dire ,comme toutes les fois précédentes, "alala, re le quotidien", mais je me rends compte que je n'ai même plus ce luxe. Bientôt il n y a plus qu'une seule pensée dans ma tête : "Ah oui mais plus que deux jours..."

Les deux derniers jours, ils ont été bien occupés avec des procédures de départ diverses ( arrêt de l'abonnement pour le téléphone portable, résiliation de la carte de membre qui permettait d'avoir des réduc à la cantine et au combini de Doshisha...), et puis les derniers au revoirs...Si j'en doutais encore au retour à la gare de Kyoto, là il n y a vraiment plus l'ombre d'un doute : je suis bien sur le départ.

Se pointe alors le matin du 22, où je recommence le processus exactement inverse de celui de mon arrivée à Kyoto. Trimballage des valises jusqu'à la gare de Mukaijima, et je me souviens de ce 12 Septembre 2008 où je les avais traînées sous un soleil de plomb, me demandant si ce chemin infernal allait bien se terminer un jour. La différence cette fois-ci c'est qu'il n'était pas 3 heures de l'après midi mais 7 heures du matin, et qu'à la place d'un soleil pratiquement au zénith le ciel est couvert juste à point. Enfin la différence la plus décisive demeure quand même le fait que cette fois-ci deux amis se sont généreusement proposés de m'aider à porter les valises jusqu'à la gare.

Gare de Mukaijima. Un grand merci pour les valises et en même temps les tous derniers au revoirs. Gare de Kyoto et Re-Shinkansen. Pas trop le loisir d'être nostalgique à l'idée de quitter Kyoto, le poids des valises m'en empêche.

Arrivé à la gare de Tokyo, je peine à trouver un casier libre où déposer mes valises pour la journée. Je les trimballe de la sortie Nord jusqu'à la sortie Sud, mais il n'a vraiment rien à faire : absolument tout est pris. Et dire que durant mes récents voyages j'avais pratiquement toujours une rangée pour moi tout seul. Je me rends compte que j'ai vraiment été un provincial durant toute cette année. La tranquilité de Kyoto m'avait pratiquement fait oublier à quel point ça grouillait dans la capitale. A l'aide d'une amie que je devais retrouver à la gare, je parviens finalement à trouver une sorte de consigne où je peux laisser mes valises pour la journée. Ah, je me sens soudain si léger...

A Tokyo, je revois pas mal des étudiants japonais qui étaient à Paris avant que je ne m'en aille pour le Japon. Pas mal d'entre eux ont commencé à travailler peu après leur retour au Japon. Et dire qu'un an auparavant on était tous étudiants. En tous cas si il y a un endroit où les stéréotypes de l'Occident semblent coïncider parfaitement avec la réalité japonaise, c'est bien le monde du travail. Le quotidien du salarié japonais est vraiment très très éprouvant.

Je revois plusieurs personnes qui passent et s'en vont au cours de la journée, mais à la fin ne reste plus que le même duo que j'avais revu en premier lors de mon arrivée au Japon. Pour commémorer les retrouvailles, on va donc faire des purikura, ces espèces de photomaton où il est possible personnaliser les photos avec des gribouillis pour les imprimer ensuite en format super-mini. Ca n'existe pas en France, mais au Japon tout le monde connaît. Sauf que je n'y suis allé finalement que deux fois, juste au moment d'arriver au Japon et juste avant de le quitter, et à chaque fois avec les mêmes personnes... Ca commence à sentir très sérieusement le retour.

La dernière soirée à Tokyo a vraiment été très sympa. Avec mes compagnons du tout début et de la toute fin je relate mes impressions d'une année au Japon, et eux en retour portent un regard rétrospectif sur leur année à Paris. Même si c'est un sens inverse, je ressors finalement d'une expérience similaire à la leur. On discute des bizarreries du Japon et de la France, des aspects que chaque devrait essayer de copier sur l'autre... Vraiment une façon merveilleuse de ponctuer cette année.

Voilà, on discute, on discute, mais faut veiller à pas louper le dernier train. Tous, tous derniers au revoirs puis je me dirige vers Ueno, où je vais finir ma nuit dans un mac do en attendant le premier train pour l'aéroport de Narita.

A peine je m'installe dans le mac do, et zouuuuuuu.... Me voilà déjà dans l'avion, à attendre que ça se passe en contemplant par le hublot la vaste Sibérie, ou en regardant des chefs d'oeuvres cinématographiques tels que Monstres vs Aliens ou Dragon Ball Z Evolution.

J'atterris à Charles de Gaulle vers 16h30, et je retrouve Papa et Maman. Konnichiwa, euh non je voulais dire bonjour... ou bonne nuit? je sais plus trop...

Ils sont où les kanji? J'ai beau chercher sur tous les panneaux, j'en trouve pas un seul. A la place il n ya que du français, au mieux de l'anglais aussi, mais pas un poil de japonais. En plus j'ai beau bien inspecter, le français que je vois ici est tout à fait irréprochable. Il faut que le vieux réflexe de chasse au franponais que j'ai développé au Japon se dissipe. A chaque fois que je voyais du français là-bas, c'était toujours utilisé pour faire chic, mais bien souvent ça ne voulait strictement rien dire. Ici le français semble tout simplement être la langue que les gens utilisent dans leur vie quotidienne, donc on dirait qu'ils savent l'utiliser correctement. Pff... Qu'est-ce que c'est chiant...

Allez hop, on monte dans la voiture jusqu'à Saint-Quentin. Sur le chemin, les champs s'étendent à perte de vue alors que nous écoutons les grosses têtes. Ce bon vieux Philippe Bouvard... L'humour des grosses têtes, ça va droit au but, si vous voyez ce que je veux dire. Ca change radicalement de l'humour japonais, qui a quand même plus tendance à tourner autour du pot. Allez-y mollo quand même, je viens de rentrer d'un an au Japon! Je suis pas encore prêt à réécouter les blagues des grosses têtes... Mes parents me flanqueraient-ils les grosses têtes de la même manière que je leur ai flanqués le temple aux milles bouddhas à leur arrivée au Japon? Toujours est-il que remis aussi brutalement dans le bain je devrais pouvoir me réhabituer, mais rien à faire, je persiste à chercher des torii. Au Japon, il est impossible de rouler plus de trois minutes sans voir ces portails signalant l'entrée d'un sanctuaire. 

Donc voilà, ça roule, ça roule, ça fait des détours vaguement expliqués, et puis ça continue de rouler... La suite, je pense que la plupart des lecteurs de ce blog la connaissent.

IMG_0135__2_

Grand rassemblement à l'aérodrome de Roupy de la famille, des amis...

IMG_0132__2_

Ca dort à moitié, mais c'est très content de tous vous revoir.

DSCF7047

DSCF7002

DSCF6971

DSCF7045

Voilà, ça pour une surprise, une sacré bonne surprise. Un grand merci. Je regrette juste de ne pas avoir dormi dans l'avion au lieu de regarder des films pourris pour passer le temps. Ca m'aurait permis de plus avoir la pêche pour bien parler avec tout le monde. Enfin bon, c'est sympa de vous avoir tous revu comme ça aussi, avec les pieds en France et la tête encore au Japon. Il faudra juste que l'on se revoit à nouveau quand je serai complètement atterri.

 

   

Posté par lucas_kyoto à 11:29 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Rentré

    Cette soirée était super, c'était génial de te retrouver. Et pour quelqu'un qui n'avait pas dormi depuis 48 heures, t'as plutôt pas mal résisté ! En tout cas, j'espère qu'on se reverra bientôt, faudra voir ça

    Posté par Antoine, 29 août 2009 à 16:32 | | Répondre
  • c'etait très bien ton retour, meme si ça a ete precipite pour l'organiser c'etait une belle reussite et on espere te revoir bientot maintenant que tu as remis les pieds et la tete sur le sol français bravo encore et bisous a tous

    Posté par tata odile, 30 août 2009 à 20:01 | | Répondre
Nouveau commentaire